Les engins marquant l'histoire de la BSPP

Ces engins incendie ont marqué de manière significative l'histoire technologique du Corps des sapeurs-pompiers de Paris.

 

Des photographies de meilleure qualité sont dans la rubrique "nos collections - les engins" de ce site. 

Premier secours

 Premier-secours Delahaye - 1913

En 1912 le Régiment de sapeurs-pompiers de Paris possède trente deux fourgons autopompe, vingt-trois échelles, sept fourgons de protection, deux camions. La pratique  démontre que la flotte des véhicules est à modifier à la faveur de véhicules légers, pour combattre les feux de moyennes importance. C’est pourquoi sont mis en service sept voitures dites « premier- secours » au cours de l’année 1913. Ce véhicule, qui possède un moteur de vingt chevaux et transporte six hommes, est équipée d’une tonne de quatre cent litres d’eau avec un dévidoir tournant (avec 40 mètres de tuyaux en caoutchouc de 35mm), un dévidoir mobile (avec 200 mètres de tuyaux de 70 mm)  et une échelle à crochets pliante. Ce premier-secours permet un départ rapide, une attaque instantanée du feu et par suite, l’extinction de la plupart des incendies sans nécessiter d’autres secours.

Premier secours

Premier-secours Delahaye (Type : 92 PS) – 1926

En 1926,  la sortie du premier-secours Delahaye, élégant par ses lignes allégées mais aussi plus rapide, marque de façon saisissante l’avancée des innovations technologique : la transmission ne se fait plus au moyen de chaînes mais par un arbre à cardans plus souple d’emploi. Les roues à bandages en caoutchouc sont remplacées par de vrais pneumatiques. Enfin le véhicule est doté d’une corne à deux tons électrique.

Equipé d’un moteur de 30 chevaux, le premier-secours, modèle 1926, transporte un équipage de cinq hommes. Il dispose d’une pompe  centrifuge à haute pression offrant un débit de 60 m3/h, d’une citerne de 300 litres d’eau, d’un dévidoir tournant  fixe avec 80 mètres de tuyaux semi-rigides (de 23 mm de diamètre intérieur), d’un dévidoir à bobine avec 263 mètres de tuyaux souples (de 70mm) et d’une échelle à crochets pliante. Vingt-sept exemplaires sont en service au Régiment entre 1926 et 1933.

 

Fourgon

 Fourgon pompe Delahaye - 1929

Cet engin remplace le fourgon pompe 1906, lequel s'inscrit dans une période où le moteur à explosion supprime la grande disparité des modes de traction et leurs inconvénients (fumier et écurie pour l'hippomobile, les stations de recharge pour la traction électrique et la chaufferie pour la traction à vapeur). Doté d’une pompe actionnée par le moteur de traction et capable d’alimenter deux grosses lances ou quatre petites, le fourgon pompe Delahaye (type 83/59)  permet de parer aux situations les plus diverses ayant trait au service d’incendie et de sauvetage. Son armement, en dehors de celui nécessaire à l’extinction des feux importants et à une protection sommaire, comporte le matériel indispensable aux sauvetages et aux opérations diverses : sauvetages dans les feux, les effondrements, sous les véhicules, soins aux asphyxiés, noyés, électrocutés, sauvetage de gros animaux domestiques, dans l’eau ou dans les excavations, déblaiement de la voir publique. L’engin est carrossé et transporte douze pompiers qui sont ainsi à l'abri des intempéries.

Fourgon

Fourgon mixte Delahaye (FM 521 / Modèle : 103 A) - 1937

Aux côtés des fourgons pompe utilisés pour l’extinction des feux et les opérations de sauvetage élémentaire, le régiment de sapeurs-pompiers de Paris dispose de fourgons mixte (FM). Cette appellation tient au fait que cet engin incendie peut remplir les mêmes missions que le fourgon-pompe, avec un équipement hydraulique servi par douze hommes, et celles du premier-secours par l’emploi d’une tonne d’eau (réserve d’eau). Le fourgon mixte Delahaye est armé d’un dévidoir tournant disposé longitudinalement au dessus de la cuve et constitué de quatre longueurs de 20 mètres de tuyaux en caoutchouc avec une lance de 7mm. Il transporte par ailleurs deux dévidoirs à bobine de 200 mètres de tuyaux de 70 mm et 10 mètres d’aspiraux de 110 mm. Il compte quatre sorties de refoulements de 70 mm et une ligne d’aspiration de 110 mm. Initialement conçu pour la Défense Passive au cours de la Seconde Guerre mondiale, le fourgon mixte Delahaye est principalement utilisé en banlieue où les points d’eau restent peu nombreux. Il participe à l’extinction des incendies provoqués par les bombardements (Paris, département de la Seine, ville de Rouen).

Voiture

Voiture à feux de cheminée Renault « Juva 4 » - 1947 

La « Juva 4 » est généralement utilisée pour l’extinction des feux de cheminée exception faite pour certaines équipées d’un canot de sauvetage léger (53 kg) pour les interventions sur l’eau. Transportant deux hommes, son équipement compte un seau-pompe avec pulvérisateur (appareil à pression préalable) ; des fioles de sulfure de carbone ; un brûleur de sulfure au carbone ; deux paires de moufles en tissu d'amiante (démontage des tuyaux ou des appareils de chauffage,  protection des mains contre la chute de matières en ignition) ; un cordage destiné à amarrer le personnel lors d' éventuelle reconnaissance sur un toit ; un seau en toile pour le remplissage du seau pompe ; une hachette, un burin et une massette pour effectuer des trouées ou soulever les enduits en plâtre ; une raclette ; du matériel pour le ramonage. Equipée d'émetteur récepteur  radio VHF, la « Juva 4 » est  remplacée en 1951 par des véhicules Renault de type Prairie R 2093 carrossés par Carrier.

 

 

Premier secours

Premier-secours Laffly (PS 42) - 1949

Transportant six hommes, le PS Laffly est sans doute plus connu de tous les premiers-secours. Plus puissant que ses prédécesseurs, ce modèle torpédo dispose d’une pompe centrifuge  à trois étages avec amorceur à anneau d’eau (pression 10 kg/cm2 débit 90 m3/h) ainsi qu’une tonne de 500 litres d'eau. Par la suite, il est remplacé par les premiers-secours à mousse sur des véhicules Hotchkiss équipés par les établissements des pompes Guinard (équipement à mousse complété par un réservoir de cent trente cinq litres d'émulseur et une lance - type LM 400 Minimax-Comet - pour éteindre les feux de véhicules et d'hydrocarbure.

Fourgon

Fourgon mixte Berliet – 1953

Parallèlement aux fourgons pompe qui peuvent effectuer toutes les opérations de sauvetage de personnes et d’animaux, le régiment de sapeurs-pompiers de Paris est équipé de fourgons mixte (FM). Cette appellation tient au fait qu’ils remplissent les mêmes missions qu’un fourgon pompe avec un équipement hydraulique servi par  onze hommes et celles du premier-secours par l’emploi d’une tonne d’eau (réserve).  Versés prioritairement dans les centres de secours de banlieue peu équipés en points d’eau, les fourgons mixte sont répartis par la suite dans les centres de secours intra-muros. En 1968, plusieurs de ces engins interviennent avec les fourgons à grande puissance dévidoir (GPD) sur l’incendie d’hydrocarbure de la Plaine Saint-Denis. Le fourgon mixte Berliet est équipé de deux dévidoirs mobiles de 200 mètres de tuyaux de 70 mm, d’un dévidoir tournant avec 80 mètres de tuyaux de 22 mm, d’une échelle à coulisse, d’une échelle à crochets et de quatre longueurs d’aspiraux de 110mm.

Echelle

Echelle sur porteur Hotchkiss (Modèle : PL 50 H6 G54) - 1963

Mis en service à Paris au début de l’année 1963, le porteur d’échelle Hotchkiss PL 50, carrossé par Arnault, ne comporte pas de gyrophare. Son projecteur orientable fixé sur le pavillon de la cabine est allumé lorsque l’engin se rend au feu.  L’échelle transportée est une Gugumus-Charenton de 19 mètres à trois plans métalliques. Très pratique à déplacer dans les passages étroits et sous les portes cochères, elle permet aux sapeurs-pompiers d’atteindre une hauteur suffisante pour procéder au sauvetage des personnes en danger (bloquées dans les étages des immeubles…) mais aussi de procéder à l’extinction des incendies en dirigeant le jet des lances à partir d’une position dominant le foyer. Le transport d’une échelle sur un camion porteur permet de concilier deux atouts a priori opposés : utiliser de grandes roues sur les rayons desquelles appuient les servants lors de sa mise en œuvre de l’échelle et assurer des déplacements rapides entre la remise et le lieu de l’intervention.

Premier secours

Premier-secours mousse Hotchkiss (PSM 108) - 1964

Le premier-secours Hotchkiss est un engin typique et emblématique, tant sa ligne unique fait partie du paysage des rues parisiennes des années 60. Parfaitement adapté au secteur urbain, son faible encombrement lui permet d’évoluer aisément dans les rues déjà très encombrées, et son puissant moteur à 6 cylindres à essence lui autorise de  fortes accélérations, une vitesse de pointe de 90 km/h et une montée des côtes à grande vitesse. Bien que conçu comme premier engin d’intervention pour feu avec sa tonne et sa lance du dévidoir tournant parfaitement positionnée au centre de la carrosserie, son équipement hydraulique peut tout aussi bien alimenter une grosse lance ou une lance à mousse.

Equipement Guinard : un dévidoir mobile de 200 mètres de tuyaux de 70mm ; un dévidoir tournant de 80 mètres de tuyaux de 22mm ; une échelle à coulisse ; une échelle à crochets pliante de 4 mètres ; une lance à mousse ; un seau pompe et une bouée.

Pompe : pression 15 kg/cm3 avec une hauteur d’aspiration de 7,80 mètres, débit 60 m3/h.

Cuve : 600 litres d’eau et 120 litres d’émulseur.

Echelle

Echelle automotrice tout terrain 1972

L’échelle automatique tout terrain est le résultat d’études effectuées par les services techniques du corps afin d’intervenir dans les quartiers anciens de la capitale et remplacer les échelles sur porteur vieillissantes (le premier prototype est mis à l'essai en août 1972 au Centre de Secours de Sévigné). Les quatre plans de l’échelle Riffaud de 24 mètres sont fixés sur un châssis de chariot élévateur tout terrain Salev, animé par un moteur Perkins. Elle, permet par son faible encombrement et sa maniabilité, d’effectuer dans les secteurs difficiles des sauvetages et d’attaquer des feux avce efficacité. Bien qu’elle ne pivote pas, elle offre d’autres avantages. Là où les rangées d’arbres gênent la manœuvre d’une échelle pivotante, l’EATT s’intercale entre les arbres et la façade. Placée parallèlement au bâtiment, l’échelle développée peut s’incliner en « jouant » avec les dévers et les vérins. Sa direction permet la marche en crabe et une rotation sur elle-même grâce à son faible rayon de braquage. Elle peut rouler sur les tuyaux pleins grâce à la basse pression des pneumatiques. Deux hommes la servent.